France insoumise : vers une gauche de lutte contre Macron et le capitalisme

Le stand de la France insoumise à la manifestation du 12 septembre 2017 à Paris

Le stand de la France insoumise à la manifestation du 12 septembre 2017 à Paris

Les élections de 2017 passées, la France insoumise attire toujours, tendant à montrer qu’il ne s’agit pas que d’un simple « phénomène Mélenchon ». En fait, la situation politique et sociale pousse en faveur d’une gauche de combat.

Les derniers sondages donnent Macron en chute libre. Pour 39 % des sondés, personne n’incarne réellement l’opposition à celui-ci, mais pour 32 % c’est Mélenchon qui la représente le mieux, très loin devant le FN de Le Pen (14 %), les Républicains (9 %) ou le PS (3 %). Ce n’est qu’un sondage, mais il témoigne d’un potentiel qu’il faut renforcer.

L’appel de la FI à manifester le 23 septembre contre le « coup d’État social » de Macron dans la foulée des syndicats, les appels de Mélenchon à « la lutte, la lutte et encore la lutte », font écho à cela et esquissent une réponse. La situation peut être bouleversée.

UNE GAUCHE DE LUTTE ET DE COMBAT !

La France insoumise peut devenir la force d’opposition à Macron et à sa politique. Et en appelant à la manifestation du 12 septembre et en organisant celle du 23 septembre, elle a franchi une étape. On est sortis de l’ « opposition » de gauche au gouvernement, qui se serait limitée à un travail de batailles parlementaires. Ce qui est une bonne chose, car dans ce contexte de crise mondiale, seule une lutte de masse pourra arrêter Macron et les capitalistes français.

Quel rôle la FI devrait-elle jouer là-dedans ? La connaissance des luttes, l’orientation doivent être discutées parmi les militants de la FI, collectivement, pour être une force de proposition et de soutien aux grèves et à la stratégie pour les luttes, pour construire une grève qui bloque la politique de Macron. Il faudrait aussi proposer à toutes les forces qui vont dans ce sens de faire campagne ensemble. Les grèves et les manifestations sont essentielles mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à donner confiance aux travailleurs dans leur capacité, pourtant réelle, à stopper ces politiques. Il faut une voix politique et un programme pour compléter cela, et montrer notre force sur tous les terrains.

L’appel de la FI aux mobilisations de septembre est une bonne chose, et la marche du 23 septembre contre le « coup d’état social » permet de lier la lutte syndicale à la bataille pour stopper toute la politique de Macron et construire une force politique d’opposition. Car la FI a le devoir de devenir l’incarnation de l’opposition à Macron.

LE 23 SEPTEMBRE, ET APRÈS ?

La marche contre « le coup d’État social » du 23 septembre n’est pas uniquement centrée contre la loi travail II, mais à juste titre, contre toute la politique de Macron. Elle permet de toucher de larges couches de travailleurs et de jeunes qui en ont marre de cette société qui ne sert que les super-riches. Le potentiel de la FI va encore augmenter, il sera donc indispensable de permettre à des milliers de nouvelles personnes de la rejoindre.

La France insoumise a des dizaines de milliers de membres et des milliers de groupes qui existent et veulent donner leurs points de vue. L’équipe autour de J.L. Mélenchon donne un rythme (Amphis d’été, marche du 23/09) qui aide à avancer, mais cela manque de clarté. Une Convention nationale en novembre est convoquée qui peut donner une impulsion nationale, à condition d’être à la fois un moment d’échanges politiques et d’un début de réelle structuration.

Beaucoup ne veulent pas d’une organisation complètement verticale comme dans les partis traditionnels qui ne sont plus que des machines bureaucratiques. Mais il y a une volonté (et une nécessité) d’être plus efficace, une envie d’une structuration certes souple mais claire, pour savoir qui décide de quoi, pour pouvoir influencer ces décisions, et avoir des finances saines et transparentes.

Force, mouvement ou parti, c’est le contenu qu’on y met qui est important.Nous avons besoin d’une force politique ouverte, capable d’intégrer les nouveaux, d’agir sur les lieux de travail, les quartiers, formant ses militants et organisant des activités et des discussions de fond pour se préparer à agir dans une situation politique et sociale complexe. De fait un parti mais à l’opposé de ce que peut être le PS.

Il est clair aussi que tout ne peut pas tomber d’en haut, sans discussion. La prochaine Convention en novembre devra traiter de ces points. Il faut maintenir un cadre ouvert, inclusif. C’est ce qui a permis qu’une confiance et qu’une camaraderie s’instaurent entre les insoumis, qu’on soit membre ou non d’une organisation politique et dans la France insoumise. C’est également la meilleure garantie que de plus en plus de personnes rejoignent la France insoumise, Ainsi, on poserait les premières pierres de la construction d’un parti de lutte et de masse des travailleurs et des jeunes, contre Macron et le capitalisme.

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