Européennes 2019 : refuser cette Europe des banques et des multinationales

P3 brexit

Cortège du syndicat britannique RMT « Non à l’austérité de l’UE »

L’Union Européenne devait soi-disant amener la prospérité, la paix et la fraternité entre les peuples. Ce n’est pas le cas, et à chaque élection on fait reposer la faute sur les peuples, coupables de replis, « d’europhobie » ou autre maladie car bien évidemment, ni Macron-Merkel, ni leurs prédécesseurs, ne vont remettre en cause leur « modèle européen ». Et pour cause, celui-ci a permis, grâce à la coordination que permet la commission européenne, que les multinationales, les banques, engrangent des milliards grâce aux privatisations, déréglementations, libéralisations…

L’UE n’est que le produit des exigences des puissances dominantes en Europe, à commencer par l’Allemagne et la France. L’acharnement sur la Grèce et sa dette, que l’UE a fabriquée et encouragée, a vu l’ensemble des banques exiger toujours plus, comptant sur la capitulation du gouvernement Tsipras qui a tourné le dos aux aspirations des travailleurs et du peuple de Grèce. Récemment, le président italien a refusé la nomination d’un ministre de l’économie qualifié « d’euro-sceptique ». Que les partis qui le porte soient d’extrême droite et raciste (on le voit avec les actions du ministre de l’Intérieur Salvini, refusant de secourir des migrants perdus en mer, et dont en plus les liens avec les mafias sont avérés) n’est pas le principal problème. Non, pour tous les pro-UE, il faut des gouvernements qui appliquent la politique ultra-libérale en faveur des banques et des multinationales, sinon, c’est quasi un crime de lèse-capital.

En quelques années, ce sont de véritables empires qui ont ainsi pu voir le jour, grâce au pillage de l’économie des pays les plus faibles. Dans les télécom, l’énergie, le transport… des services publics ont été transformés en multinationales, amenant des milliards de profits et de dividendes aux grands capitalistes.

C’est cela le projet de l’UE, celui qu’il faut combattre. Il ne s’agit pas de réformer une UE qui ne sert que la loi des banques et des multinationales, ni de penser que c’est l’UE qui décide. Ce sont bien les gouvernements, avant tout français et allemands, qui ont ainsi une sorte de grand cabinet de concertation des attaques antisociales. Et dès qu’il y a une lutte ou une campagne politique contre l’UE, on sort le démon de l’euro-scepticisme comme le mal absolu.

Contre l’UE, pour une Europe démocratique et socialiste

Toute politique défend un contenu de classe, soit en faveur des capitalistes soit des travailleurs. Etre pour une sortie de l’UE, ou contre celle-ci, sans préciser quelle politique sociale on mènerait, ce n’est en fait que défendre une partie des capitalistes, pas les travailleurs et la majorité de la population. Le pseudo-eurosecpticisme de l’extrême droite, tant en Europe centrale qu’en France ou ailleurs, n’est que de la démagogie électorale, tout comme leurs campagnes régulières contre les « migrants ». Ces partis ne veulent surtout pas remettre en cause le système capitaliste et sa loi du profit et de l’exploitation, bien au contraire. Et en divisant les travailleurs grâce au racisme, ils essaient d’affaiblir la possibilité de lutter.

A l’opposé, nous sommes réellement contre l’UE, pour se débarrasser de cette « institution » au service des banques et des multinationales, pour une Europe sociale, fraternelle, où les services publics sont restaurés et au service de toutes et tous. Une telle Europe émanera de la lutte commune des travailleur-se-s, des jeunes, au delà des frontières, pour construire ensemble une Europe réellement démocratique, une Europe socialiste !

Par Alex Rouillard

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