Des dizaines de travailleurs sans papiers en grève en Île-de-France

Travailleurs sans papiers en grève chez Defi technology

Travailleurs sans papiers en grève chez Defi technology

Depuis le lundi 12 février, plus de 160 travailleurs sans-papiers sont en grève dans toute l’Île-de-France. Ce mouvement touche actuellement sept entreprises : Défi Technology (intérim), France routage (presse), Event-Thaï (plats cuisinés), STLG et SEPUR (déchets ménagers), Chronopost, et GLS (livraison). Les travailleurs de ces entreprises n’ont pas de papiers donc pas de droits. Ils sont à la merci de patrons qui savent très bien qu’ils embauchent des sans-papiers. Ils en profitent donc pour les surexploiter. Nous publions ici le témoignage de Malo, sympathisant de la Gauche révolutionnaire, et camarade de la CGT de Roissy, là où les travailleurs de GLS sont en grève.

« On se relaye avec d’autres camarades à GLS pour éviter qu’on leur mette trop la pression. Voici à peu près la situation sur place.

Emcorep employait des salariés en situation irrégulière pour le compte de GLS, entreprise de transport et logistique à Roissy, jusqu’en juin 2014 où GLS devient seul employeur, mais reprendra les salariés en situation irrégulière via l’agence d’intérim ADECCO de Roissy. Ce que l’employeur GLS cherchera à nier quand l’UL CGT de Roissy fera éclater l’affaire et décidera d’accompagner ces salariés exploités.

Selon les témoignages, c’est de l’exploitation simplement :

  • il n’est jamais arrivé un seul mois sans qu’ils ne se trompent sur nos fiches de paie
  • dans l’entreprise il n’y avait ni eau, ni chauffage, ni toilette, tout le monde faisait ses besoins entre deux camions. D’ailleurs nous avons pu constater que des toilettes venaient d’être installés depuis que les camarades se sont mis en grève et qu’il y a eu un relais timide mais utile de l’affaire dans les médias.
  • des pressions de la part de la hiérarchie pendant la vacation pour t’inciter à travailler comme un robot ! Un agent dit avoir travaillé pendant une bonne semaine de 15 à 22h et n’a perçu que 60 euros de salaire.
  • 159h payées 1120 euros pour un, 130h payées 1076 euros pour l’autre… Un autre exemple : l’agent qui a fait un mois complet avec comme horaire de 13 à 22h, ne prend sa pause qu’au bout de 7h, pour un salaire mensuel de 600 euros.
  • ils nous piquent des heures, nous le constatons souvent mais on ne peut rien faire, rien dire, sinon c’est la porte et on a de la famille dans le besoin, plus nos charges, etc. Nous ne pouvons que nous écraser et faire comme si de rien n’était. La CFDT est le seul syndicat dans cette boîte.
  • le travail à GLS consiste à charger et décharger des remorques contenant pas moins de 3 tonnes de marchandises. Par vacation, ils peuvent pousser un agent à faire jusqu’à 3 remorques seul, et pendant la grève parfois il a fallu jusqu’à 5 agents par poste pour remplacer un gréviste et encore… le travail est très physique à GLS.

L’union locale CGT de Roissy fait un travail remarquable en les accompagnant dans les démarches, en apportant un soutient physique, moral et logistique. À ce stade on ne peut que saluer la détermination des camarades en lutte pour la régularisation de leur situation, la lutte continue ! »

Les 160 camarades sont en grève pour demander le droit de travailler légalement et dans de bonnes conditions. Comme ça les patrons ne pourront plus profiter de leur force de travail pour tirer vers le bas les salaires et les conditions de travail des travailleurs qui ont des papiers. C’est donc un mouvement pour défendre l’ensemble des travailleurs du pays, avec ou sans papiers, français ou immigrés ! La Gauche révolutionnaire soutient pleinement les camarades dans leur combat.

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