Depuis la chute de l’URSS: le recul de la conscience laisse place à de nouvelles possibilités

mur

Manifestation massive le 4 novembre à Berlin

La chute du mur du Berlin a ouvert une période de restauration du capitalisme dans tout le bloc de l’Est, y compris l’URSS. Cette restauration fut très brutale, elle a détruit les acquis des travailleurs de ces pays. C’était une contre-révolution. Les répercussions ont touché l’ensemble du globe, les travailleurs étant découragés face à cette fin. Malgré ses très nombreuses imperfections, l’URSS représentait une autre possibilité, une alternative au capitalisme.

Article publié dans l’Egalité 198

Rôle contre-révolutionnaire du stalinisme

Staline et ses successeurs ont mené une politique de zigzags aussi bien à l’extérieur qu’en URSS, empêchant les ouvriers d’avoir une direction claire pour aller vers la révolution socialiste mondiale au profit du « socialisme dans un seul pays ». Comme le disait déjà Trotsky dans les années 30, cette ligne ne pouvait pas gagner face au capitalisme mondial.

La bureaucratie, caste parasite qui tirait ses avantages de l’économie nationalisée, dépendait de la classe ouvrière mais la craignait. Staline et par la suite d’autres dirigeants suivant ses méthodes, ont sans cesse réprimé tout mouvement révolutionnaire ou simplement critique, étouffant toute la société. A terme, la pression extérieure du capitalisme est devenue plus forte et les travailleurs ne pouvant s’organiser indépendamment, il leur était très difficile d’effectuer une révolution politique et de démocratiser le pouvoir. La bureaucratie a sauté dans le train de la restauration du capitalisme. Les multinationales en ont profité, rasant des économies entières, détruisant les conditions d’existence des travailleurs et de la population : augmentation des loyers, privatisations, fin des services publics.

Double nature

L’existence de l’URSS a encouragé des dizaines de révolutions tout au long du 20ème siècle. Mais à l’échelle internationale, Staline puis ses successeurs refusèrent d’apporter une aide réelle aux révolutions. Entre 1927 et 1991, les staliniens ont manoeuvré pour empêcher ou limiter toute prise de pouvoir dont ils n’auraient pas le contrôle complet quitte à faire perdre de nombreuses fois la révolution. 1989 aurait pu être l’année d’un renouveau du socialisme, mais la répression a poussé les événements dans l’autre sens.

Les capitalistes étaient triomphants. La chute du régime d’Allemagne de l’Est augurait de la chute de l’URSS. Cela signifiait de plus grands profits pour eux, créait de nouveaux marchés mais aussi, cela permettait de retirer plus de droits aux travailleurs dans leur propre pays. Les médias ont largement diffusé l’idée que c’était la « fin de l’histoire », que le capitalisme avait gagné, qu’on allait vers des jours heureux, que la lutte des classes c’était fini, etc. Au vu de la situation mondiale actuelle, ils se sont bien trompés ! La lutte des classes ne s’est pas arrêtée. Les grandes organisations de masse de la classe ouvrière se sont effondrées en se convertissant au capitalisme, mais les travailleurs luttent toujours, et de plus en plus massivement.

Passée la confusion née de la chute de l’URSS et du discours sur le capitalisme triomphant, les travailleurs, les jeunes, sont maintenant majoritairement convaincus que ce système n’offre aucun avenir. Il manque de nouveaux partis, qui tirent les leçons des erreurs et crimes des staliniens et des sociaux-démocrates et se réapproprient une perspective authentiquement socialiste et révolutionnaire. Ces partis se recréeront dans la lutte concrète et il est nécessaire de porter partout, dans les entreprises, la jeunesse, les syndicats… un programme de lutte contre le capitalisme et pour le socialisme. C’est la tâche que poursuit la Gauche révolutionnaire et son internationale, le Comité pour une Internationale Ouvrière.

Par PEM

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