Che Guevara : sigue la lucha, la lutte continue ! 50 ans après sa mort, « Che » est toujours une source d’inspiration 

Ernesto Guevara, dit le Che, figure sur bien des t-shirts lors des manifestations, des années 70 jusqu’à nos jours. Il est la figure révolutionnaire de la fin du XXème siècle.

« Si tu trembles d’indignation à chaque injustice, alors tu es un de mes camarades »

Le Che est animé toute sa vie par un sens aigu de la justice. C’est la vision de la misère et de l’exploitation des masses lors de son premier voyage de sud au nord de l’Amérique du Sud, en 1951, qui le plongera dans le combat pour la libération des peuples de l’impérialisme états-unien et du capitalisme. Article publié dans l’Egalité 186

Cet homme – qui aurait pu être un médecin argentin anonyme à la vie bien tranquille – a choisi la voie du combat contre les oppressions et pour un ordre nouveau plus juste et égalitaire.

À Cuba, il se montra impitoyable envers les traîtres dans ses propres rangs mais il soigna et enseigna la lecture à ses compagnons et aux paysans. En tant que procureur suprême en 1960, il condamna les militaires et hauts fonctionnaires qui avaient participé aux exactions et actes de tortures, avec des procès publics et une défense pour les accusés. Après enquête de journalistes, aucun innocent n’a été condamné à tort.

« Le présent est fait de lutte, l’avenir nous appartient. »

Le Che n’est pas qu’un théoricien, facette de lui qui émergera vers la fin de sa vie, mais c’est surtout un homme d’action : il utilisa aussi bien les armes à feu que les armes intellectuelles.

Durant la période de guérilla et après la révolution cubaine, il écrivit de nombreux ouvrages et créa une radio pour informer la population des faits de la guérilla. Il comprit l’importance de l’information pour permettre la révolution.

Même si pour Che Guevara un parti révolutionnaire peut arriver au pouvoir par les urnes, il serait stupide de considérer cette voie « légale » comme la seule possible. Là où la victoire par les urnes n’est pas possible, c’est par les armes qu’il faut renverser le capitalisme pour instaurer le communisme.

Il a également une vision internationale de la révolution. Ernesto est panaméricain, il dit que l’Amérique Latine doit se lever comme un seul homme étant donné les proximité culturelles et sociales de toute l’Amérique latine. S’ensuit la théorie des focos (foyers) de révolution, mais qui, seuls, se feront écraser par les impérialistes.

Nous partageons avec Che que toutes les injustices, même si elles ne nous touchent pas directement, doivent être combattues comme si c’étaient les nôtres.

D’abord proche de l’URSS bureaucratique de Staline, il s’en éloigne dès 1956. Il essaiera de trouver dans les révolutions nationales des années 1960 et dans la Chine de Mao des réponses. Mais aucune ne l’ont satisfaite. Cela ne l’empêcha pas de continuer le combat, infatigablement dévoué à la révolution.

Traqué par la CIA, il est arrêté en Bolivie en 1967 et exécuté le lendemain, 9 Octobre. On trouvera dans son sac un exemplaire de la Révolution trahie de Trotsky.

En reprenant la guérilla, Che montrait qu’il avait mal compris le caractère réel de la révolution cubaine qui n’a dû son triomphe qu’à l’entrée en action des masses de travailleurs et de paysans lors de la grande grève générale de janvier 1959. De même, Che n’a compris que trop tard la nécessité d’un parti révolutionnaire de masse pour non seulement faire triompher la révolution mais pour ensuite l’étendre et la consolider. Mais son courage, son intelligence et son dévouement restent aujourd’hui une grande source d’inspiration et la révolution cubaine (comme de nombreuses autres à l’époque) montre que lorsque les masses se soulèvent, alors la victoire sur le capitalisme est à notre portée.

Par Pierre-Emmanuel Martin

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