Postiers du 92 : Plus de 100 jours de grève contre la précarité !

tumblr_n5oj8k9eza1ttv2e1o1_1280Depuis une vingtaine d’années, seules les villes dont la population a fortement augmenté n’ont pas vu baisser le nombre de leurs facteurs. A quelques exceptions près dont Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine (banlieue ouest de Paris) où aucune « réorganisation » n’est venue accroître la charge de travail des postiers et dégrader le service public. Fin-janvier, les facteurs de Rueil ont une nouvelle fois montré qu’ils ne se laissaient pas marcher sur les pieds : ils ont refusé qu’après plusieurs autres, une factrice en contrat d’insertion, au lieu d’être « insérée », soit virée sur un vague prétexte et remplacée par un autre précaire. Comme un vulgaire patron voyou, la Poste emploie en permanence une partie de son personnel aux frais de la princesse en profitant de « mesures pour l’emploi » illusoires que l’Etat multiplie pour entretenir la précarité. Ce sont en effet les Départements, au titre de l’aide sociale, qui paient le plus gros des salaires et des cotisations patronales de ces contrats aidés.
Le syndicat Sud PTT 92, majoritaire dans les Hauts-de-Seine, a l’habitude des grèves actives et démocratiques : chaque jour le comité de grève organise une A.G. qui décide les actions du jour, interpellations de la Direction, visite d’autres bureaux de poste, contacts avec d’autres travailleurs en lutte pour étendre le mouvement en faisant converger les revendications. La Direction cherche à faire traîner le conflit, en refusant de négocier vraiment, en n’acceptant aucune médiation, pour que les salariés se découragent et reprennent le travail sans la moindre satisfaction pour compenser leurs pertes de salaire. Il s’agit de faire un exemple : non seulement la lutte ne doit pas payer, mais tous les « meneurs » doivent subir de lourdes sanctions : révocations, licenciements, mises à pied de longue durée et, si possible, des sanctions pénales. Plusieurs syndicalistes sont même convoqués le 21 mai devant la Sureté territoriale !
Après Rueil, d’autres bureaux du 92 sont partis en grève illimitée, pour la plupart de façon majoritaire (80 grévistes au minimum), et l’agitation s’étend à d’autres départements et rejoint le mouvement des intermittents du spectacle et les luttes d’autres catégories de précaires : cortège commun aux défilés du 12 avril et du 1er mai et actions communes spectaculaires contre le patronat et le gouvernement…
Pour tenir, les grévistes ont besoin d’un fort soutien moral et financier. Ils organisent régulièrement des soirées festives pour rencontrer les travailleurs les plus conscients et récolter des fonds. On peut aussi envoyer des chèques à Sud PTT 92, 51, rue Jean Bonal 92250 La Garenne-Colombes.
La GR invite tous les travailleurs à s’inspirer de l’exemple des postiers en grève du 92, à leur envoyer des messages de solidarité et à participer généreusement à leur caisse de grève.

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