Algérie: mouvement de masse et révolution

p2 manif algerLe mouvement de masse initié en février a clairement établi les deux camps en lutte. D’un côté, le peuple : travailleurs, chômeurs, étudiants, femmes ou hommes, et de l’autre l’opposition politique soi-disant démocratique (mais qui rêve de prendre la place du pouvoir actuel sans changer grand-chose), les islamistes, les grands patrons et affairistes, les intellectuels bourgeois et le régime avec ses militaires et ses bureaucrates. C’est une lutte de classes entre un peuple dépossédé et un régime qui détient tous les pouvoirs et toutes les richesses.

Le régime est réellement en position de faiblesse. Il a tenté toutes les manœuvres : annulation de l’élection présidentielle d’avril, proposition d’un gouvernement de transition puis changement de ce même gouvernement, intervention de l’armée pour demander l’application de l’article 102 de la Constitution (démission du président pour incapacité à remplir ses fonctions)… L’Assemblée Populaire Nationale a désigné Abdelkader Bensalah comme chef de l’État par intérim pour une durée de quatre-vingt-dix jours pour assurer l’élection présidentielle, programmée pour le 4 juillet 2019.

La pseudo opposition démocratique et des intellectuels divers y vont de leur appel à une Algérie « démocratique », un État de « droit » (il est vrai que ce sont les militaires qui décident quand la justice doit poursuivre des personnes jugées trop influentes). Aucune confiance en ces arrivistes et cette pseudo opposition qui ne veulent surtout pas que le peuple prenne le pouvoir !

L’objectif de tous ces gens, c’est d’éviter une véritable révolution qui changerait réellement les choses, et permettrait d’en finir avec le pillage du pays par les clans au pouvoir et les capitalistes algériens ou étrangers. Pour que l’Algérie soit libre, démocratique et égalitaire, il faut que les richesses du pays soient en propriété publique, gérées par les travailleurs et la population pour le bien et le développement de toutes et tous.

La révolution doit avancer

Malgré ces manœuvres, la rue résiste. Ce sont toujours des millions de personnes qui manifestent chaque vendredi et demandent le départ de tout le système. Celui-ci tente parfois la répression mais, pour le moment, la mobilisation est trop massive.
Le rituel des manifestations du vendredi ne sera pas suffisant pour accomplir notre tâche révolutionnaire et chasser le régime. Celui-ci a vraiment vacillé lors des journées de grèves quasi générales de mars pendant lesquelles l’économie de régions entières était à l’arrêt. La contestation augmente au sein du principal syndicat, l’UGTA, dont le dirigeant, Sidi-Saïd, refusait encore de soutenir le mouvement il y a quelques semaines.
Des réunions et des appels de syndicalistes de l’UGTA, à Bouira, Tizi, Tlemcen se sont multipliés pour demander de l’action. Des grèves ont commencé sur de nombreux sites, pour l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail, et souvent pour dégager des dirigeants corrompus qui sont des piliers du système. La prochaine étape est d’organiser une véritable grève générale dans les grands centres névralgiques de l’économie nationale et d’autres secteurs sensibles – à la fois pour dégager le système mais aussi pour exiger les hausses de salaires et autres revendications.

Des forums et assemblées de discussions existent partout. Il faut en faire des comités de lutte, dans les quartiers, sur les lieux de travail et les universités. De tels comités, en se fédérant localement et nationalement, pourraient constituer les bases d’un vrai changement, par un gouvernement des travailleuses et travailleurs, des jeunes, des chômeurs : le véritable peuple algérien.
Travailleurs, jeunes, chômeurs,femmes, étudiants, unissons-nous ! Notre seule issue réside en une vraie révolution prolétarienne et une rupture radicale avec ce système bourgeois.

Pensons l’avenir, pensons notre émancipation !

Le pouvoir compte sur le ramadan en mai, puis la fin de l’année scolaire et l’été pour que le mouvement s’apaise. Il oublie que rien n’a changé pour le moment et que le peuple n’est pas satisfait. Ça va continuer !

Le peuple révolutionnaire n’a pas de parti à lui, qui lutterait non seulement pour que le système dégage mais également pour en finir avec les bases mêmes de la corruption et des inégalités en Algérie, c’est à-dire avec le capitalisme. Construire un tel parti de masse, l’implanter dans les usines, les quartiers, les lieux d’études, va devenir rapidement un besoin.

La nécessité d’un parti révolutionnaire

Notre rêve d’une Algérie libre et égalitaire est une réalité concrète : elle se réalise par la révolution. Nous appelons celles et ceux qui luttent pour en finir avec des régimes aussi corrompus que le pouvoir algérien à nous rejoindre, pour défendre un programme révolutionnaire, pour le véritable socialisme.

AMAR BENHAMOUCHE
ALEX ROUILLARD

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