« Age pivot » : le dessous de l’arnaque

indexLe patronat a prévenu par la voix du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, il tient absolument à ce qu’il y ait une « mesure d’âge », autrement dit, un départ 64 ans. Il avance l’argument que « pour financer cette réforme, il faut travailler plus longtemps ». Au moins, c’est limpide, c’est bien là l’un des enjeux. L’autre est évidemment le maintien à 14% du PIB du budget retraite. Or comme la population de personnes âgées augmente, il faut donc réduire le service qui leur est rendu,ou bien qu’il leur soit rendu moins longtemps. Il faut donc que les travailleurs fassent valoir leurs droits plus tard. Pour le dire plus clairement, il s’agit de réduire le nombre d’années entre le départ à la retraite et la mort.

D’autre part, il s’agit de faire un système qui soit juteux financièrement. Deux années à capitaliser en plus, ce sont deux années gagnées pour les fonds de pension pour spéculer l’argent des retraites en bourse. Et l’arnaque ultime, si ces fonds de pension font faillite, ou que le point de retraite voit sa valeur baisser, alors il n’y a plus de retraite, ou bien une misère. C’est ce que vivent les retraités des pays où le régime par point a été instauré, au Chili, en Suède..

Enfin, l’existence de plusieurs régimes de retraite privera la Sécu de ressources. Il s’agit donc là encore de faire cotiser plus longtemps pour verser ensuite le moins de retraites possible aux générations nées avant 1975 comme à celles qui seront sur deux régimes à la fois. L’âge de départ à 64 ans et plus (65 voire 67 pour beaucoup) est bien au cœur de cette casse des
retraites.

Par A R