2017 : un mauvais millésime pour le PS, la droite et le FN

bilan capitaliste1Amorcés avec les présidentielles, les symptômes de crise politique ne s’amenuisent pas parmi les partis classiques, du FN au PS, en passant par la droite : affaires judiciaires, problèmes financiers, démissions, exclusions…

PS et LR en crise profonde

L’élection de Macron, sous son costume « d’homme nouveau », a été un gros coup porté aux partis traditionnels déjà en crise de légitimité. Aujourd’hui, le PS comme LR sont en lambeaux, divisés sur la conduite à tenir vis à vis du gouvernement en place et bloqués car leur programme est à peu de choses près le même. Pour exister, ils doivent se distinguer de LREM et excluent ceux qui s’en approchent trop. Édouard Philippe, exclu des Républicains pour avoir accepté le poste de 1er ministre et plus récemment, le PS a limogé Olivier Dussopt, nommé secrétaire d’état.

Les départs volontaires pleuvent aussi, chacun essayant de tirer son épingle du jeu. Puis en septembre, c’est Cambadelis qui démissionne de la tête du PS. La direction collégiale provisoire n’a d’autres choix que d’occuper l’espace avec des pseudo « forums de la refondation du PS » pour simuler une dynamique avant leur congrès qui devrait se tenir en février/mars 2018. Hamon avait déjà quitté le PS en juillet dernier pour lancer le Mouvement du 1er juillet, récemment rebaptisé « Génération.s ». Aujourd’hui il cherche à se démarquer davantage et « déclare que le PS n’avait pas de candidat à la présidentielle de 2017, car son projet (celui d’Hamon) n’est pas celui du PS ».

A droite, on a vu apparaître le groupe « Agir-La droite constructive » qui apporte son soutien au gouvernement, le mouvement « Libres » de Pécresse et en décembre, la démission d’Estrosi qui lance « La France audacieuse ». L’élection de Wauquiez et sa volonté d’apparaître comme l’opposition de droite au gouvernement nourrit encore les tensions internes. L’aile droite modérée étant difficile à reconquérir, il cherche à se créer une base en siphonnant les électeurs du FN avec un discours raciste à la Sarko sur les questions d’identité et d’immigration.

Le FN ne sort pas la tête de l’eau

Le FN n’est pas plus légitime en tant qu’opposition à Macron. Il vit une véritable débandade. Aux nombreuses démissions de conseillers communaux (28% de leurs élus entre 2014 et début 2017) ont suivi celles de cadres et de figures publiques telles que Marion Maréchal Le Pen et Florian Philippot. A cela s’ajoute les affaires judiciaires concernant les assistants parlementaires européens et l’annonce de la clôture des comptes du parti (ainsi que ceux de Marine Le Pen) par la Société Générale et HSBC. L’origine de leurs fonds manquerait de clarté… Marine Le Pen paie son choix de lisser l’image du parti et le râteau pris dans sa tentative de rapprochement avec Wauquiez ne va certainement pas l’aider. Pour autant, il ne faut pas enterrer le FN qui n’en est pas à sa première crise, car faute de véritable alternative de gauche à Macron, le terreau du FN est toujours là.

Même le pouvoir en place ne bénéficie pas d’une base solide

Par leur démagogie et les effets de communication, on pourrait croire que LREM se porte bien. Macron reprend des points dans les sondages. En réalité, sa situation est aussi très fragile. Les comités locaux se sont vidés de leur substance suite aux législatives, puis mi-novembre, une centaine de marcheurs a officiellement quitté le parti en dénonçant le manque de démocratie interne. Les débats sur la future « loi asile et immigration » sont extrêmement tendus et pourraient déjà conduire à l’apparition de marcheurs-frondeurs, ce que Macron cherche à éviter à tout prix avec une grande offensive médiatique sur le sujet.

Toutes ces crises politiques sont le reflet d’un système capitaliste incapable de sortir de la crise et d’offrir une perspective politique en faveur de la population.

Par Rachel

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